Témoignage de Cécile C.

Il y a ceux pour qui Petra est l’ultime pierre qui manque à leur édifice. En y arrivant ils sont déjà presque prêts à retrouver un emploi satisfaisant, même après une longue période d’inactivité professionnelle.

... Telle cette dame d’une cinquantaine d’années, séparée de son mari, qui ayant élevé ses enfants et pratiqué beaucoup de bénévolat, ce qui lui avait se constitué un bon carnet d’adresses, a retrouvé un emploi avant même la fin du stage.
Et puis il y ceux, comme moi, pour qui Petra est la première pierre de soubassement.
C’était dur, il m’en a fallu de la persévérance, et pendant longtemps.
Quand je suis arrivée à Petra, j’étais dans le pétrin ; c’est le mot de Sœur Catherine.
Je savais que je ne pouvais pas retourner dans mon domaine d’expertise initial.
De quelles autres cordes à mon arc disposais-je ?
Un périple comparable l’exploration des océans à la recherche des Indes commençait.
Tout en aiguisant ma boussole en travaillant sur moi même, j’ai commencé par créer un petit atelier d’exploration de la créativité par la peinture. Une activité que je pratique maintenant pour le plaisir avec quelques amis, mais qui ne m’a pas permis pas de gagner ma vie.
Ensuite, comme j’aime le jardinage, j’ai pris du service en tant que bénévole dans une association, tout en reprenant, -Ho rage Ho désespoir -, un travail d’enseignante à mi temps dans l’Education Nationale.
Comme je ne supportais réellement plus ce métier, j’ai craqué il y a maintenant 3 ans, et je me suis retrouvée en congé maladie longue durée.
Ma soupe était assurée à moyen terme, mais j’étais encore dans un vide professionnel pour le moins inquiétant.
J’ai cependant réussi à convaincre l’administration de m’octroyer un congé de formation, non pas pour passer un concours et attendre doucement l’âge de la retraite dans un service tranquille, mais pour passer un master dans l’Education au Développement Durable – le volet économique et social du jardinage- et la Formation pour Adulte.
Parallèlement à ce master, que je commence dans une semaine, je suis en stage à mis temps dans le collège dans lequel j’ai jardiné bénévolement l’an dernier. J’y suis Coordinatrice d’un projet de Développement Durable qui vise à réduire à consommation d’énergie de l’établissement avec la participation l’ensemble du personnel et des élèves. Bon, le titre sonne bien, l’idée est intéressante, mais j’essuie beaucoup de plâtres. Et je ne sais pas encore précisément quels postes je serai susceptible d’occuper à la fin de mon congé de formation. Mais je crois à l’utilité ainsi qu’à la maturité de la société pour ce genre de projet : Tout le monde sait maintenant que nous ne sortirons pas de la crise d’un coup de baguette magique.
Je suis heureuse du retour que j’ai eu de la part des animateurs de Petra qui m’ont vues ce matin au conseil d’administration : j’ai bonne mine, je ne suis certainement plus la petite bestiole apeurée et perdue qu’ils ont connue il y a 7 ans.
Même si je mets encore un certain temps à trouver l’Amérique, j’ai bon espoir de la trouver. Et comme tout le monde sait depuis Christophe Colomb, qu’il ne s’agit pas simplement d’y aborder pour pouvoir s’y installer confortablement, je sais que j’ai encore du pain sur la planche. Du pain dans lequel j’ai envie de croquer à pleines dents. Mais ho, ho, je n’en suis pas encore là ! Encore un peu de patience.
Je tiens à remercier Petra de m’avoir aidé avec beaucoup d’humanité et de professionnalisme à poser les premiers pas de mon parcours ; ainsi que mon mari sans lequel j’aurais souffert de faim et de froid. Christophe Colomb a bénéficié d’un bateau fourni par Isabelle de Castille pour son voyage, et moi du gîte et du couvert. Mon mari a même plus de mérite qu’elle, car je ne lui promet pas de richesses en retour ; juste, j’espère, un salaire correct.