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Interview PETRA à Radio Notre Dame
(le 16 décembre 2004)
Le 16 décembre 2004, Guy Moineville, Gérard Langlois, sœur Catherine-Myriam, et Gilles ancien stagiaire, ont été invités au Bistrot de la Vie, sur Radio Notre-Dame à présenter Petra, son fonctionnement, sa place sur le «marché», et la façon dont elle s’occupe de ceux qui ont perdu leur emploi.
Le contexte ayant été rappelé : malgré la volonté du gouvernement d’inciter les entreprises à garder leurs salariés proches de l’âge de la retraite, à la fin de l’été plus de 370 000 personnes de 50 ans et plus – chiffre en augmentation de près de 3% – étaient inscrites à l’ANPE : C’est dans cette catégorie que le risque de basculer dans le chômage de longue durée est le plus important. Chez les cadres notamment, si 55% d’entre eux âgés de 30 à 49 ans retrouvent un travail dans les huit mois suivant leur inscription à l’ANPE, la proportion tombe à moins de 10% chez les quinquagénaires. En France, à peine 37% des 55 ans et plus sont au travail.
Guy a rappelé que Petra s’adresse à des cadres, entre 40 et 55 ans, qui sont en recherche depuis plus d’un an et qui ont perdu beaucoup de repères, qui ont perdu confiance en leurs capacités et qui ont besoin des autres pour être accompagnés vers une redécouverte de leurs compétences qui les mène sur un projet de façon concrète et avec le maximum de succès. Petra – à son échelle – tente d’améliorer ces chiffres, de remettre les quinquas au boulot en les aidant à retrouver effectivement une activité conforme à leurs souhaits.
Gilles, dont le témoignage est reproduit plus bas, s’élève contre le discours qui veut que les gens, qui commencent à partir de 45 ans à avoir des difficultés pour retrouver du travail, sont trop chers, peu rentables et inadaptables aux nouvelles technologies. Il pense qu’il y a une grande méconnaissance des compétences et des capacités des gens qui ont atteint justement un certain âge et donc une expérience très forte et que la tendance actuelle qui est d’aller à l’économie et d’avoir un marché très compétitif, repose sur un mauvais calcul dans la mesure où, finalement, on se prive de l’expérience des cadres.
Gérard précise qu’en plus de l’expérience mentionnée ci-dessus les seniors apportent un capital de compétences et de talents qui se sont épanouis dans le début de leur vie professionnelle et que la plupart d’entre eux sont prêts à des sacrifices salariaux pour autant qu’ils puissent rester en activité.
Nombreux sont ceux qui participent aux stages et qui possèdent ces compétences. Ils ne doivent pas désespérer de retrouver une activité quand bien même, chômeurs, ils ont l’impression d’avoir perdu leur identité sociale, d’être dévalués. Ils doivent accepter, pour s’en sortir, de se remettre en question, de se regarder eux-mêmes, d’avoir un désir, et ce désir c’est accomplir une de nos possibilités qui est de se mettre au contact de l’autre, c’est celle de se mettre en relation. C’est cette possibilité que propose PETRA qui est un lieu de parole, un lieu de reconstruction où la solitude est rompue, un lieu de travail où l’on réfléchit ensemble.
Dans un premier temps le stagiaire réfléchit sur lui-même, il fait l’inventaire de ses possibilités personnelles et professionnelles, et, dans un deuxième temps, il peut proposer au groupe un ou deux projets à réaliser qu’il pourra mettre sur orbite dans le cadre d’ateliers. Une autre composante essentielle du stage est l’accompagnement individuel qui permet de parler une fois par semaine au minimum avec quelqu’un qui est, lui, dans le monde de l’entreprise vers lequel il souhaite revenir et qui peut durer largement au-delà des dix semaine de stage si le besoin s’en fait sentir.
(Synthèse d’une transcription réalisée par Gilles
Baraton)
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témoignage de Gilles
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